L’esprit critique pour s’orienter dans la complexité du XXIe siècle
Le XXIe siècle pose de multiples défis. L’ère d’Internet et des réseaux sociaux, conjuguée à des bouleversements socioéconomiques comme la dépression de 2008 et la pandémie de COVID-19, a rendu cette période difficile pour la jeune génération, qui doit faire face à des circonstances nouvelles.
Né en 1988, dans une génération d’Iraniens qu’on a qualifiée de « génération du boom », je n’ai qu’une compréhension limitée des codes culturels et de la vision du monde des jeunes d’aujourd’hui. Je continue pourtant de chercher de meilleures réponses aux défis sociaux, économiques et politiques que nous affrontons au quotidien. L’un des principaux moyens que j’ai trouvés pour faire face aux bouleversements du monde, un moyen aussi utile qu’exigeant, consiste à développer son esprit critique.
Pourquoi l’esprit critique ? Comment peut-il nous préparer aux défis qui nous entourent, comme le prix élevé du logement, la précarité de l’emploi, la montée des inégalités et la propagation des discours de haine liés à la race, à l’orientation sexuelle et à la migration ?
Notre vie actuelle est complexe : une grande élection sur un autre continent peut avoir des répercussions en chaîne sur la vie politique et économique européenne. Elle exige des façons de comprendre nouvelles et plus globales. Nous devons recourir à un cadre comme la « pensée systémique ». Dans cette approche, tout est relié, de l’individu à notre environnement naturel. L’« information » y fait office de système nerveux. Dès lors, tout groupe qui « contrôle » cette information, que ce soit par les médias traditionnels (chaînes de télévision, magazines) ou par la maîtrise des « algorithmes » des réseaux sociaux et de l’IA, peut orienter nos esprits vers son propre récit. (Référence : https://www.economist.com/business/2025/10/01/americas-newest-media-moguls-the-ellisons)
D’où des questions de fond :
- Pourquoi une personne dont la fortune nette atteint 500 milliards de dollars critiquerait-elle l’impôt sur les riches, alors qu’un salarié au revenu fixe paie ses impôts avant même de toucher sa paie ?
- Des entreprises comme Amazon et Google recourent à des montages juridiques compliqués pour réduire au minimum leurs impôts, alors que nos infrastructures publiques, notre éducation et nos systèmes de santé dépendent fortement de ces recettes fiscales. (Références : The Guardian – Amazon sales income / Irish Times – Google tax avoidance)
- En quoi le passé colonial des pays européens contribue-t-il à leur richesse actuelle ? Et comment ce même passé pèse-t-il sur des pays moins développés comme le Congo, le Maroc et l’Inde ?
- Comment l’OTAN a-t-elle abandonné le peuple afghan à l’oppression des talibans ? Quelles entreprises (armement, mines, etc.) ont profité de cette guerre ? Outre le peuple afghan et le pillage des ressources naturelles de l’Afghanistan, quels contribuables des pays de l’OTAN y ont eux aussi perdu leur argent ? (Référence : https://www.usip.org/publications/2017/05/industrial-scale-looting-afghanistans-mineral-resources)
Ce sont ces questions « entre les lignes » que la jeune génération doit explorer. Si elle veut prendre une part active à la résolution de ses propres difficultés (comme la crise du logement abordable, les conditions de santé, les questions environnementales et l’immigration), elle doit chercher des réponses au-delà du récit quotidien.
Une part importante du développement durable consiste à comprendre les mécanismes qui opèrent au-delà de la réalité visible. Si nous voulons une société résiliente, nous devons aiguiser notre esprit critique pour voir au-delà des algorithmes et des récits de l’information traditionnelle.

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